CHAPITRE 31
Elle avait enfin trouvé une certaine routine.
Sa vie se passait entre ses nombreux cours et projets de réalisation, et ses soirées avec Atida ce qui lui laissait peu de temps à elle.
Un soir où elle frappa à sa porte pour une de ses soirées rigolades comme elle en avait le secret, Izabo commença à se sentir vaseuse.
Elle resta un moment à discuter et s’ excusa auprès de son hôte pour aller se coucher. Dès qu’ elle se mit debout, la tête lui tourna et elle s’ évanouit.
Atida lui mit un coussin sous la tête et appela les urgences. En attendant que l’ ambulance arrive, elle appela Lucille et Lionel.
Elle leur dit qu’ elle partait avec Izabo à l’ Hôpital et qu’ elle les tiendrait informer.
Après quelques examens, le docteur annonça à une Izabo atterrée qu’ elle était enceinte d’ environ quatre mois.
Il lui dit que tout était normal mais qu’ il fallait qu’ elle se repose.
Atida entra après le départ du praticien, et en voyant la mine de la jeune fille la serra dans ses bras.
Izabo se mit à pleurer et elle raconta sa vie à la vieille dame.
Celle-ci l’ écouta, la berça, la calma et lui dit que la nuit porte conseille. Une fois rentrée, elle rappela à Bordeaux et les rassura tout en leur disant qu’ un voyage au Danemark s’ imposait.
Le lendemain, Izabo réintégra son appartement. Il lui semblait que tout avait changé mais en même temps c’est comme si rien n’ avait bougé.
La vieille dame se permit de lui dire qu’ elle avait eu une belle vie et que celle qui s’ annonçait aller l’ être encore d’ avantage.
Izabo prit deux jours de repos, elle passa son temps entre son lit et de calmes promenades le long de la magnifique plage de galets.
Du moment où elle prit sa décision, elle retrouva la paix. C’est dans une forme olympienne qu’ elle accueillit son oncle et sa tante.
Atida leur facilita les choses en les accueillants chez elle.
Quand Izabo leur annonça sa bonne nouvelle, ils en restèrent muer. Ce silence lui permit de les convaincre du bien fondé de vouloir garder le bébé mais aussi de ne pas en avertir le père. Elle voulait faire selon sa façon et c’est elle qui allait se débrouiller.
Elle avait réfléchi à comment aménager ses heures de cours, tout en s’ observant comme une bête curieuse.
Bien sûr elle avait vu qu’ elle ne fermait plus le bouton de la ceinture de ses pantalons ! Elle avait mis ça sur le compte du changement de nourriture.
Certes elle n’ avait pas eu ses règles mais ça lui arrivait de temps en temps ; et puis avec tout cette agitation elle n’ avait pas calculé.
Lionel avait le front barré de rides du souci et Lucille la regardait avec les yeux humides.
Mais ils la surprirent en la serrant dans leur bras. Ils lui firent remarquer qu’ avec le cancer dont Lucille était sortie vainqueur, rien ne les effrayait.
En plus ils avaient réduit de beaucoup leur activité pour profiter l’ un de l’ autre et des enfants. Les affaires étaient entre de bonnes mains.
Ainsi ils pourraient venir régulièrement.
Atida leur dit qu’ un enfant la rajeunirait encore plus, alors elle assurerait la garde au moins à temps partiel.
Ainsi la grossesse d’ Izabo se déroula dans la séreinité. La famille l’ appelait tout les soirs et venaient une fois par mois;
Atida était au petits soins, la nourrissant et la faisant réviser quand il y en avait besoin pour qu’ elle reste confortablement allonger dans le divan.
A son septième mois de grossesse, Izabo alla à l’ hôpital pour faire son échographie. Le docteur était le même que le soir de son malaise. Il la suivait une fois par mois.
D’ habitude curieux de la France et des français, aujourd’hui c’est le front plissé et silencieux qu’ il regardait l’ écran.
-
Il y a un problème ?
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Euh ? Non je ne crois pas
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Vous croyez ou vous en êtes sûr ?
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Et bien…. c’est à dire que je suis confus mais c’est la première fois que ça m’ arrive.
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Qu’ est-ce que ….
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Je n’ ai pas vu qu’ il s’ agissait de jumeaux
Izabo n’ entendit pas la suite tant le choc était grand.
-
Mademoiselle vous m’ entendez ?
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Comment ?
-
Je vous dis qu’ il s’agit d’un garçon et d’ une fille. Les bébés vont bien, certes ils sont un peu plus petits que la moyenne mais c’est normal. Ils sont magnifiques, regardez. Là ce sont leurs jambes croisées et là leurs bras. Vous voyez ils ont entremêlé leurs bras et ils sucent leur pouce. C’est fascinant.
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Oh!
-
Je vous sors des prises de vue d’eux. Bon elles ne seront qu’ en noir et blanc.
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Non c’est génial
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Vous pouvez vous rhabiller et voyez avec ma secrétaire pour un rendez-vous dans trois semaines.
Je vous recommande d’ alléger encore un peu votre emploi du temps et si d’ ici là vous avez un problème appelez-moi je vous recevrais.
Izabo rentra complètement halluciner. Elle montra les images à Atida sans rien lui dire, mais la vieille dame comprit très vite.
Elle la serra dans ses bras et lui assura que même à deux ils ne lui faisaient pas peur.
Izabo regagna sa chambre tôt ce soir là. Elle avait besoin de digérer tout cela. Elle regarda les photos de ses enfants….ses enfants et ceux de Bill. Comme il lui manquait. Et si elle s’était trompée. Elle téléphona à Bordeaux pour leur annoncer la nouvelle. Ils furent enthousiaste et lui intimèrent de se reposer.
Izabo confia ses doutes à Lucille. Celle-ci ne lui avait pas dit qu’ à l’ occasion du nouvel an Bill avait appelé. Elle lui avoua et lui raconta le formidable début d’ année que le groupe connaissait.
La sortie de leur nouvel album avait été comme un raz de marée. Tous les magazines leur promettaient une pluie de récompenses. Il était prévu qu’ ils entament une série de concert dans le monde entier.
Lucille ne voulait pas l’ influencer, alors elle ne lui cachait rien pour qu’elle décide en toute connaissance de cause.
Izabo se coucha et les yeux ouverts dans le noir, elle pleura toutes les larmes de son corps.
Le huitième mois de grossesse commença à la faire douter qu’ elle arriverait jusqu’ au bout. Son médecin la rassura mais elle était affolée de ne plus voir ses pieds.
Quand elle se voyait de profil, elle avait peur. Atida pour la calmer, lui montra des photos de sa sœur cadette enceinte il y avait cinquante ans de ça. Elle lui avoua qu’ elle avait pris une photos d’ elle tout les mois pour voir l’ évolution. Sa soeur lui avait dit que c’était une période difficile mais tellement importante pour une femme.
Elle lui donna les clichés : Izabo se voyait absorber chaque fois devant une fenêtre ou la mer. Elle était touchée de l’ attention mais ça lui rappelait aussi qu’ elle était seule. Même si c’était de son choix, il n’ en restait pas moins que c’était douloureux.
Le neuvième mois fut une vrai corvée. Izabo était échouée comme une grosse baleine sur le lit ou le sofa. Elle n’ arrivait plus à se chausser. Elle avait arrêté les cours, et passait son temps à regarder des films ou à bouquiner.
Quand elle sentit un liquide lui coulait le long des jambes, elle appela Atida et téléphona au médecin pour l’ avertir de son arrivée à l ‘hôpital. Elle avait peur parce que ce n’ était pas encore le terme, mais le médecin la rassura.
L’ accouchement fût long et dur. Atida lui tenait la main et l’ aidait du mieux qu’ elle pouvait.
Ainsi en ce 21 juin naquirent Maya et Loïs. Elle avait eu du mal à choisir leur prénom, mais pas leur nom de famille : Kaulitz.
La famille au grand complet vint quand elle et les enfants furent sortis de la maternité.
Tout le monde évitait de parler du père mais ne pouvait s’empêcher de voir la ressemblance.
Ils avaient un duvet de cheveux noir et des yeux noirs en amande, une bouche charnue et des membres longs et fins.
Après un babyblues éprouvant et des nuits agitées pendant deux mois, la vie suivit un cour plus calme.
Izabo reprit petit à petit ses cours, les enfants grandissaient à vue d’ œil.
A peine eut-elle finit ses études qu’ elle commença à vendre quelques toiles et autre sculptures.
De succés en succés, elle put arrêter son job alimentaire de restauratrice de monuments historiques pour se consacrer entièrement à ses créations.
Elle créa aussi sa propre marque de vêtements.
Elle ne vit donc pas les années passées. Bill restait toujours présent, elle prenait de ses nouvelles par l’ intermédiaire de Lucille. Et puis elle n’ avait qu’ à ouvrir les magazines pour le voir. Mais dernièrement on aurait dit que le groupe levait le pieds. Après avoir traversé moultes tempêtes et scandales, il serait temps qu’ ils se posent. Ils l’ avaient mérité. Elle espérait qu’ ils étaient heureux.
Elle ne l’ avait pas vu depuis cinq ans.